Samedi 19 juillet 2008

Et si pour une fois il avait eu raison ?




 Par Georges Yang - http://www.agoravox.fr/




Ceux qui me lisent régulièrement connaissent le peu d’admiration, et c’est un euphémisme, que je porte au président Sarkozy. Cependant, j’ai envie de dire, enfin une décision politique cohérente après plus un an d’incurie, de tape-à-l’œil et de non-sens. Je veux parler de l’invitation du président syrien Bachar al Assad pour le 14 juillet. Et cela au moment où la Cour pénale internationale se ridiculise en se trompant de cible et en accablant le président soudanais Omar al Bachir et que les Nations unies lèvent piteusement le camp au Soudan.

Trop de lecteurs peu informés de la complexité du monde arabo-musulman ne font pas la distinction entre les différents régimes et tendances religieuses. Pour beaucoup, ce sont tous des islamistes potentiels capables de tout y compris du pire. Cette attitude dictée par les amalgames et les raccourcis grossiers a entraîné la désastreuse guerre contre l’Irak et le fiasco américain que l’on constate. En éliminant Saddam Hussein, les Etats-Unis ont renforcé l’Iran, ont introduit Al-Qaïda en Irak et entériné le pouvoir des religieux chiites dans le sud du pays. Souvenez-vous de l’euphorie des Américains après la prise de Bagdad et le désir de certains de poursuivre jusqu’à Damas, même si le pouvoir syrien avait soutenu l’intervention en Irak du fait de sa haine de Saddam.

Or, le pouvoir syrien est tout sauf islamiste, c’est même le dernier régime laïc arabe depuis la chute du pouvoir irakien. Les deux pays d’ailleurs ont eu des dirigeants issus du parti Baath fondé par Michel Aflaq, un laïc nationaliste d’origine chrétienne orthodoxe, à orientation socialisante et panarabe. Le Baath ayant éclaté, les régimes irakien et syrien sont devenus des frères ennemis, entretenant des dissidents pour commettre des exactions dans le pays d’en face. De plus, la famille Assad, vient d’une minorité religieuse du chiisme dissident pour ne pas dire hérétique, les Alaouites, dans la montagne au nord de Lattaquié qui n’ont rien à voir avec le rigorisme de Téhéran.

La Syrie est un pays laïc, qui s’est rapproché stratégiquement et non idéologiquement des extrémistes religieux chiites, et jamais sunnites, ayant combattu de façon très sanglantes les frères musulmans dans les années 80. Après le massacre de 82 cadets alaouites à Alep, donc proches du régime, Hafez al Assad échappe de peu à un attentat à la grenade, son garde du corps étant déchiqueté. Après la révolte de Hama fomentée en 1982 par les Frères musulmans, la répression est féroce, des milliers de morts, un véritable bain de sang. Donc, même si Al-Qaïda, ce n’est pas les Frères musulmans, on ne peut pas dire que le régime syrien apprécie le radicalisme sunnite. Les frères Assad, et à un degré moindre le fils, se sont comportés comme Saddam Hussein, c’est-à-dire en satrapes orientaux et si un jour ils se sont mis en chaussettes pour prier avec ostentation, c’est avant tout à usage interne, pour cimenter l’opinion publique contre l’ennemi américain.

Il ne peut y avoir de paix stable au Moyen-Orient, incluant Palestine, Israël et Liban sans l’accord et la participation active de la Syrie. Et sans la restitution de tout le Golan par Israël. Donc, même si le projet d’Union pour la Méditerranée me semble creux et vide de substance, l’invitation de Bachar al Assad n’est pas un camouflet aux droits de l’homme, comme le pensent certains excités, mais enfin un geste politique cohérent de Sarkozy. Remettre la Syrie sur les rails de la négociation est le seul moyen de faire avancer une solution négociée dans la sous-région. Bien sûr, il y a la question libanaise et le cas Rafic Hariri. Autant je comprends la réserve de Jacques Chirac, qui n’ayant plus de responsabilité politique peut se permettre de faire parler ses sentiments et son attachement et sa reconnaissance envers la famille Hariri, autant le geste politique de Sarkozy me semble finement joué.

Car il faut avant tout comprendre les positions syriennes non comme orientées par la religion, mais par des choix d’alliance pouvant renforcer le pouvoir syrien. Gouvernement qui du temps du père, Hafez el Assad, n’avait pas d’état d’âme pour s’allier momentanément à certaines factions chrétiennes libanaises pour éliminer des Palestiniens qui leur étaient hostiles. Utilisant la faction palestinienne baasiste d’Al Saiqa contre Arafat, puis se retournant plus tard contre d’autres chrétiens en soutenant le Hezbollah pro-iranien. Le gouvernement syrien est opportuniste, il a commis certains actes répréhensibles, mais il est le rempart à l’islamisme sunnite pur et dur d’inspiration saoudienne. Les sunnites composent la majorité de la population syrienne. Les chrétiens n’ont jamais été persécutés sous le règne de la famille Assad et si l’islam par la constitution doit être la religion du président, elle n’est pas la religion officielle du pays. Quant aux chiites iraniens, s’ils ont pignon sur rue à Damas, ils n’imposeront pas leur style de vie à la population syrienne.

Que sera le monde arabe sans Moubarak, sans Ben Ali ? Probablement des fiefs aux mains des Frères musulmans. Même Kadhafi a des opposants qui le trouvent trop moderne et « féministe » et aussi trop « nassérien ». Il en est de même au Soudan où les plus extrémistes des islamistes ne sont pas au pouvoir, mais dans l’opposition. L’ancienne éminence grise du régime, Hassan al Tourabi, supporte en sous-main les rebelles du Darfour, du moins le principal groupe d’entre eux le Mouvement pour l’équité et la justice dont les membres sont Fur, Masalit et Zagghawa, c’est-à-dire en majorité des Noirs.

Et puis, des élections démocratiques en Tunisie et en Egypte verraient probablement la victoire des fondamentalistes radicaux, comme ce fut le cas lors d’un premier tour en Algérie qui vit la déferlante du GIA. La rue arabe est sensible au discours islamiste, c’est son droit, mais Européens et Américains devraient au moins comprendre qu’il ne faut pas encourager les plus radicaux en fustigeant les dirigeants qui nous sont moins hostiles, même si ce ne sont pas des démocrates.

Car pour un vrai islamiste le sens d’appartenance à la nation arabe est négligeable comparé à la foi qui doit unir la communauté des croyants, l’Umma, quelle que soit leur origine ethnique. D’ailleurs, les Arabes au pouvoir à Khartoum qui sont des Arabes de la vallée du Nil, méprisent ces Arabes nomades de l’ouest (le Darfour) qu’ils considèrent comme des va-nu-pieds. Les jenjawids ne sont pas une tribu, mais un rassemblement de guerriers, plus ou moins autonome d’origine rezzagat ou baggara. Et puis si ce gouvernement se dit islamiste il est avant tout un groupe militaro-affairiste beaucoup plus intéressé par la manne pétrolière que par la foi. Chasser Bachir ne remettra pas le Mahdistes ou les communistes au pouvoir, mais renforcera le camp islamiste intégriste qui fera de lui un martyr alors qu’ils auraient plutôt tendance à le conspuer pour son manque d’engagement religieux.

Donc, pour une fois que Sarkozy prend une décision politique sage, réfléchie et cohérente vu le contexte international, il ne faut pas le blâmer. Par contre, aura-t-il l’intelligence politique de ne pas se mêler à ce ridicule appel à inculper Omar al Bachir devant le tribunal international pour génocide ? Que le président soudanais ait sa part de responsabilité dans le conflit du Darfour est indéniable. En faire le maître à penser de tout le processus ne tient pas la route quand on connaît la région. Les Jenjawids jouent leurs intérêts régionaux, concernant surtout les terres, les droits de passage et de pâturage des troupeaux et aussi les bénéfices secondaires du conflit armé comme les pillages et les viols. L’économie de guerre est profitable à certains. Enfin comment parler de génocide quand Masalit, Fur et Zaggawaa circulent librement à Khartoum sans être inquiétés. C’est comme si les juifs en 1941/42 avaient été raflés au Vél-d’Hiv et certains déportés et que d’autres juifs avaient continué à ouvrir leurs commerces et synagogues à Lorient et à Toulouse !

La question la plus importante est finalement posée par Alaa al Aswani dans son livre L’Immeuble Yacoubian. Que vaut-il mieux pour l’Egypte, une police de brutes, des politiciens corrompus et des affairistes véreux, mais qui vous laissent écouter du jazz dans un piano-bar en compagnie d’un whisky et d’une femme aux cheveux découverts, ou bien l’arrivée au pouvoir des islamistes qui au moins au début seront plus honnêtes et plus sociaux (avant de dériver comme en Iran), mais qui interdiront toute forme de distraction profane ?

par Le Blog Micro Observatoire Démocrate publié dans : Observation Politique
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Samedi 19 juillet 2008
Jack Lang, vote sous pression


Par
PAUL QUINIO - http://www.liberation.fr/




Oui ? Abstention ? Non ? Que va voter Jack Lang, lundi, lors du Congrès convoqué à Versailles sur la réforme des institutions ? Alors que l’ensemble des parlementaires socialistes devraient, sauf surprise, rejeter la révision de la Constitution, le député du Pas-de-Calais, membre du comité Balladur qui avait préparé le terrain à cette réforme, maintient le suspense sur ses intentions. Jack Lang avait réservé vendredi son billet d’avion pour rentrer, dimanche, de Mykonos, où il est en vacances, afin de voter. Ce n’était pas gagné. «En milieu de semaine, il était plutôt décidé à rester en Grèce», confie son entourage.

«Colère». Il est très improbable que l’ancien ministre cède aux ultimes pressions de Jean-Marc Ayrault. Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale cherchait, vendredi, à le joindre pour le rappeler à la discipline de groupe. Mission impossible ? «Il est hors de question que je vote non», a déclaré jeudi Jack Lang. Quelques jours plus tôt, il confiait à Li bération sa «colère» à l’égard de ses amis socialistes qui «racontent des salades» pour justifier leur refus de voter la réforme. Et de s’emporter contre «la malhonnêteté intellectuelle» du PS. «Dans une démocratie digne de ce nom, on empoche les avancées positives», même si le texte final n’est pas une copie conforme de ses desiderata. Il prévenait qu’il voterait «en son âme et conscience».

Réponse ironique d’un socialiste : le vote de lundi est un vote politique, «Jack est dans l’extension de sa conscience». Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, regrette de son côté que Jack Lang se soit lui-même «mis en marge du parti». Il rappelle que le député de Boulogne-sur-Mer a été exclu du bureau national du PS après avoir intégré le comité Balladur.

Signe de son agacement, la direction du Parti socialiste rappelle aussi que «le député n’a pas mis les pieds au groupe pendant des mois». Mais qu’il est revenu la semaine dernière pour voter… Arnaud Montebourg lors du scrutin pour la présidence du groupe socialiste. Contre Jean-Marc Ayrault. L’entourage de ce dernier se défend toutefois d’être dans «l’intimidation». «Tout le monde connaît les règles», rappelle juste son staff. Chez Jack Lang, on parle de «menaces dissimulées».

Sanction. Les socialistes envisageraient-ils de sanctionner Jack Lang en cas de vote positif ? «Ce sera compliqué pour lui d’être la voix qui fera passer la réforme», confie un élu. «S’il décidait de s’abstenir, ce serait pour ne pas risquer trop gros par rapport au PS», analyse un député qui rappelle que, lors des votes à l’Assemblée nationale, en première et deuxième lectures, «Jack n’a jamais voté oui».

Alors, oui ou abstention ? Jack Lang a le week-end pour se décider. Et peut même attendre d’être dans l’avion…

par Le Blog Micro Observatoire Démocrate publié dans : Institutions
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Samedi 19 juillet 2008

McCain traque les contradictions d'Obama sur l'Irak




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L'équipe de campagne de McCain va faire taire ceux qui se gaussent de l'incompétence du candidat républicain, "plus vieux que le Golden Gate", en matière d'Internet. Elle a mis en ligne mardi un outil mettant sous surveillance le site de campagne de son adversaire, Barack Obama, et de mettre à jour toute modification dans son discours politique.

Cet outil met en exergue en temps réel les changements opérés sur les pages dédiées à l'Irak du site officiel d'Obama. Le moindre ajout, la moindre virgule supprimée sur ce site est automatiquement souligné en vert par le système. McCain cherche ainsi à montrer que son adversaire, qui avait pris position pour un retrait immédiat d'Irak, a récemment changé son fusil d'épaule.

Outre les inconsistances qu'il pourrait révéler, cet outil permet surtout à McCain d'appuyer son plan de communication visant à décrédibiliser Obama en matière de politique internationale. Une méthode qui pourrait faire rapidement des émules : quelqu'un pensera-t-il à mettre sous surveillance les sites officiels de Ségolène Royal ou de Nicolas Sarkozy ?

Actualisation : Le 18 juillet, le site mis en place par McCain pour analyser les changements de discours d'Obama ne fonctionne plus. L'équipe d'Obama aurait-elle trouvé la parade ?


"Ils veulent briser le mythe du candidat du changement"

Stanislas Magniant est consultant en communication. Il a cofondé, en 2004, le site Netpolitique.net.

 

 Tous ceux qui font de la veille sur Internet disposent déjà de ce genre d'outil, qui s'achète pour 30 dollars sur le Net. La différence c'est qu'ici, l'équipe de McCain ouvre ce monitoring de site au public. Il dit aux internautes ‘venez voir comme Obama change de discours'. Cela s'inscrit complètement dans la stratégie de campagne actuelle des républicains, qui cherchent à montrer que le candidat démocrate revient régulièrement sur ses prises de positions et qu'il est donc un politicien comme les autres. Ils veulent briser le mythe du candidat du changement, de l'homme politique différent des autres.

Les républicains attaquent particulièrement Obama sur l'Irak. Ils l'accusent d'avoir retourné sa veste depuis qu'il a déclaré qu'il était prêt à "affiner" son plan de retrait d'Irak une fois élu [Obama proposait à l'origine un retrait immédiat].

En politique, chaque camp monte en épingle la moindre gaffe de l'adversaire. Mais il est de moins en moins probable que de grosses erreurs soient faites sur les sites des candidats, car tous les textes y sont validés et revalidés. Tous les hommes politiques savent que la moindre de leur page Web est décortiquée par leurs opposants. Ils sont donc extrêmement prudents.

La technique utilisée par McCain pour traquer Obama me rappelle une anecdote sur la campagne présidentielle française. Lors du débat télévisé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, la candidate socialiste avait apostrophé son adversaire sur une imprécision qu'il aurait faite à propos des centrales nucléaires EPR. Sarkozy parlait d'une quatrième génération de réacteurs ; Royal affirmait qu'il s'agissait en fait d'une troisième génération. Et bien avant même la fin du débat, un internaute avait déjà modifié la page Wikipedia sur ce sujet pour qu'elle corresponde à la version de l'actuel président [Libération indique d'ailleurs avoir reçu plusieurs commentaires d'internautes qui s'appuyaient sur cette page Wikipedia modifiée].

 

La dernière vidéo de campagne de McCain : "Quelle est la position d’Obama sur l’Irak ?"

Cette vidéo, postée le 17 juillet sur la chaîne YouTube de McCain, juxtapose des déclarations d'Obama sur l'Irak afin de souligner les changements de position du candidat démocrate.

Selon ce clip, Obama aurait affirmé que l'envoi de nouvelles troupes en Irak empirerait la situation, avant de se contredire.

Qu'il était favorable à un retrait immédiat des troupes, avant de se contredire.

Qu'il refuserait d'augmenter les dépenses de guerre, avant de se contredire.

La vidéo s'achève sur cette phrase : "La position de Barack Obama sur l'Irak : tout ce qui est bon pour ses objectifs politiques".

par Le Blog Micro Observatoire Démocrate publié dans : Actualité Internationale
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Vendredi 18 juillet 2008

Les «mauvaises mœurs» du prof manifestant




Par Laura Roland - http://contrejournal.blogs.liberation.fr/



Il risquerait de « corrompre son milieu professionnel », selon le rectorat. Rodolphe, enseignant stagiaire, est suspendu de son poste à l’Education nationale depuis sa mise en cause par des policiers lors d’une manifestation, début avril, à Paris. Accusé de « violence à agents », il doit comparaitre, fin septembre, devant le tribunal correctionnel.

 

Rodolphe. « Je suis enseignant stagiaire en mathématiques et physique-chimie au lycée Denis Papin à la Courneuve. J'aurais dû être affecté à un poste de titulaire à la rentrée, mais je suis poursuivi pour violence à agents depuis ma participation à l'une des manifestations lycéennes contre les suppressions de postes à Paris, en tant qu'encadrant, le 3 avril. J’ai été interpellé, placé en garde à vue et renvoyé devant le tribunal en comparution immédiate. L’audience a finalement été reportée en septembre, mais le rectorat a suspendu ma titularisation.

Beaucoup de policiers étaient présents et rythmaient la marche, imposant arrêts et accélérations. A la fin du défilé, près du métro Saint François Xavier, les lycéens se sont rassemblés dans le calme, la plupart s’était assis par terre. J’ai alors vu certains policiers enlever leurs brassards, puis se mêler à la foule. Lorsqu'ils se sont rapprochés d'un groupe de lycéens, je les ai suivis. Une dizaine de jeunes s’étaient fait interpeller, de façon assez violente, pendant le défilé. Constatant ma présence, les policiers m'ont demandé de m'éloigner, mais j’ai insisté pour rester, en leur expliquant que la manifestation était autorisée. L'échange a duré deux ou trois minutes, puis ils m'ont interpellé.

Je pensais subir un simple contrôle d'identité. J’ai tout d'abord été fouillé, derrière le camion. Voyant des marqueurs dans mon sac, l'un des policiers m'a lancé « t'es un taggueur ». Je me suis présenté comme professeur. Mais l’un d’eux a déclaré à son collègue : « Tu l'as bien vu jeter des cailloux, hein ? » « Ouais, ouais, je l'ai vu » a répondu le deuxième agent. J'ai contesté l’accusation, mais ils l’ont répétée à leur responsable. J'ai alors été placé en garde à vue pendant 24 heures, accusé de violence à agents. J'ai été déféré le lendemain matin au Tribunal de grande instance, pour une comparution immédiate. Entre temps, deux des trois policiers qui m'avaient accusé s'étaient désistés. Le procès, qui devait se tenir le 17 avril, a été reporté en l’absence du policier, au 24 septembre.

L'histoire dépasse le cadre judiciaire puisqu'aujourd'hui, ma titularisation est menacée. Le 18 juin, j’ai reçu une lettre m'informant de ma suspension pour quatre mois, en attendant l'issue du procès. Une « mesure conservatoire » car je risquerais de « corrompre mon milieu professionnel », alors que je suis en vacances ! Le 4 juillet, j'ai appris que ma titularisation ne passerait pas devant la commission et serait rediscutée à une date ultérieure au procès.

La titularisation se base sur plusieurs critères. Par exemple, le critère pédagogique dépend de l'appréciation de l'enseignant titulaire et celle du formateur IUFM. Le dossier est ensuite présenté au recteur, qui doit le valider.
En consultant mon dossier administratif, j'ai découvert que le recteur avait envoyé un courrier au Tribunal de grande instance de Créteil, pour s'informer de ma situation. Je l'avais averti immédiatement. Comme je n’ai pas été suspendu immédiatement, j’ai perdu les possibilités légales de recours. On aurait affirmé à mon sujet au rectorat que le recteur ne pouvait « pas prendre le risque de garder quelqu'un qui aurait de  mauvaises mœurs ». Une expression syndicale peut-elle être rangée dans la catégorie « mauvaises mœurs » ?

Je suis donc suspendu jusqu'au 18 octobre. La suite dépendra de la décision du tribunal. Les policiers n’ont pas de preuves contre moi. Mon avocat se dit confiant. L'incertitude réside dans la réaction du recteur, si je ne suis pas innocenté. Le poste auquel je devais être affecté à partir de septembre sera confié à des enseignants contractuels, qui se partageront mon planning. Je ne pourrais récupérer mon poste entier qu'en décembre. La rentrée 2008 ne se fera donc pas dans les meilleures conditions, ni pour moi ni pour mes futurs élèves. Quand à mon statut, je resterai stagiaire jusqu'à cette date et un arrêté rétroactif sera signé pour que je sois considéré comme titulaire. Mes formateurs me soutiennent, mon proviseur s'engage à être témoin au procès. Alors que mon avenir était assuré, il devient précaire. »

par Le Blog Micro Observatoire Démocrate publié dans : Education
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Vendredi 18 juillet 2008
Bernard Accoyer : l'attitude de Bayrou est «indigne»
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par Le Blog Micro Observatoire Démocrate publié dans : Observation Politique
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